La vitesse bat la réflexion

On perd tellement de temps à réfléchir, à planifier, à se préparer, sans jamais passer à l'action. Il n'y a strictement pas de moment parfait. La vie est beaucoup trop imprévisible pour ça. Tu pourrais attendre six mois pour lancer ton projet en te disant que tu seras dans une meilleure situation à ce moment-là. Sauf qu'entre-temps tu peux perdre un proche, tomber malade, perdre ton taf, ton logement, ou tout simplement mourir.

Tu auras tellement plus de satisfaction à te dire que tu t'es lancé, que tu apprendras sur le tas et que tu t'adapteras en fonction, qu'à attendre et blâmer la vie et les gens quand les choses ne se passeront pas comme prévu. Ce qui sera probablement le cas.

Ça compte d'autant plus quand tu es entrepreneur. Ta vitesse d'exécution te pousse à créer, et par conséquent tu reçois vite du feedback sur tes systèmes, tes campagnes, tes clients, ton équipe, etc. Et c'est ça qui te permet d'ajuster.

J'ai connu tellement de personnes qui se sentaient vite submergées par les imprévus. Et ça devenait un problème global, parce qu'à force d'attendre, tu ne passes jamais à l'action, et tu te sens chaque jour un peu moins capable de gérer quoi que ce soit. Tu perds confiance en toi parce que tu ne fais jamais ce qu'il y a à faire, et tu te vois stagner.

Les jours, les semaines, les mois passent, et rien ne change. Tu ne fais pas de sport, tu te sens mal dans ton corps. Tu n'entretiens pas tes relations, tu te sens seul et perdu. Tu ne bosses pas sur ton projet, tu ne fais pas d'argent, tu stresses et tu te sens bloqué.

L'action est le meilleur remède à tout ça. Va chercher l'information, applique vite tout ce que tu apprends, garde ce qui fonctionne jusqu'à ce que ça ne fonctionne plus, et recommence.

On m'a beaucoup dit que j'étais forte et admirée, parce que malgré un vécu difficile à 21 ans j'ai fait beaucoup de choses dont les gens rêveraient, mais qu'ils ne font jamais. D'après les statistiques, si je m'étais retrouvée complètement seule en sortant du système, j'aurais eu moins d'1% de chance de trouver une stabilité et une liberté aussi rapidement. Le plus gros levier que j'ai c'est la certitude que je peux apprendre tout ce que je veux. Je me suis forcée à prendre la responsabilité totale de ma vie et mon futur, même si j'avais fort envie de blâmer mon enfance, le système, etc. J'ai décidé que ça n'allait jamais m'apporter autant que le fait de prendre le contrôle sur où je vais. J'apprends vite et j'essaye vite, j'ai pas le luxe de pouvoir me reposer sur mes parents. À 14 ans, j'étais consciente du nombre d'enfants placés qui se retrouvent sans abri. C'est à partir de là que j'ai commencé à m'instruire pour éviter de me retrouver dans cette situation. Finalement c'est quand même arrivé, mais j'ai pu me remettre sur mes deux pieds à une vitesse record grâce à cette vitesse d'exécution que j'ai commencé à développer jeune.

Le courage et la résilience que les gens utilisent souvent pour me définir ne sont pas innés. J'ai juste des aspirations tellement profondes qui me soutiennent quand mon esprit et mon corps sont fatigués. Je n'ai pas envie d'être une statistique de plus, j'ai envie d'être le rare 1% des enfants qui s'en sortent malgré qu'ils aient grandi avec un parent incarcéré, un parent addict, dans des foyers, en pédiatrie et hôpital psychiatrique. J'ai toujours voulu être en position où je pouvais utiliser mon histoire comme récit qui motive les gens à se dépasser, à se reconnecter à leurs rêves d'enfant et à se donner les moyens de leurs ambitions. Je ne suis pas plus forte mentalement que quiconque, je fais juste le choix de me choisir moi avant tout. Et la conséquence de ce choix-là c'est que je suis obligée de sacrifier mon confort, de confronter mes peurs, pour agir rapidement.

J'aime beaucoup nous comparer à des plantes : soit on grandit et on évolue, soit on meurt. Si tu t'arrêtes, tu meurs à petit feu.